Thème 4 : Constructions et questionnements idéologiques et politiques

Responsable : Isabelle Felici, professeur d’italien

Les recherches menées dans le thème 4 interrogent les rapports de force au sein des sociétés et leurs conséquences ainsi que les représentations discursives qui leur sont liées. Il se décline selon trois volets (« Enjeux et réalités des exclusions », « Expérience historique et narration : appropriations et réappropriations » et « Tensions et conflits ») qui font ici l’objet d’une présentation commune.

Fruits des dynamiques oppressives et répressives dans certains États et sociétés de l’époque moderne – depuis un point de vue religieux notamment – comme contemporaine, de leur incapacité à faire place et droit en leur sein à des individualités et à des communautés perçues ou se représentant comme différentes, la réalité et les manifestations de la marginalité et de l’exclusion à travers l’histoire sont inscrites au cœur de jeux de tensions et d’oppositions dont les causalités sont aussi nombreuses que les conséquences complexes. Les contextes d’antagonismes politiques, de conflits, les régimes autoritaires ou dictatoriaux, les rapports de domination de toutes sortes, les situations de tensions sociales, constituent le cadre le plus propice à l’observation de ces phénomènes. Mais de façon plus générale, tous les dispositifs, institutionnels, institutionnalisés ou de fait, visant à mettre à l’écart ou au ban une catégorie identifiée comme devant l’être, et identifiable ainsi comme l’étant, sont à compter au nombre des facteurs générateurs d’exclusion. Dans le contexte d’une géographie élargie des mouvements sociaux et d’une circulation planétaire des personnes et des idées, les formes d’engagement politique, social et culturel, demeurent des objets d’étude particulièrement pertinents.

La question des rapports entre divers secteurs d’une même société – monde rural/monde urbain – intéresse également ce thème. Parmi les dynamiques qui traversent les sociétés, les questions migratoires méritent une attention particulière en tant que résultantes de configurations politiques et historiques, spécialement du point de vue de la condition des immigrés et de leurs descendants, dans l’histoire moderne, récente, voire ultra-contemporaine, observée au prisme de productions culturelles parfois marginales, voire alternatives. Ces réalités complexes appellent donc une pluralité d’approches méthodologiques, adaptées, par ailleurs, à l’étude de sources primaires, de pratiques sociologiques et culturelles ainsi que de représentations relevant notamment de la culture populaire.

La réflexion sur l’écriture de l’histoire, déjà engagée dans le précédent quinquennal et qui peut, au reste, irriguer l’activité scientifique dans sa dimension historiographique, sera poursuivie ici. L’articulation entre les implications poétiques et stylistiques de cette écriture et les enjeux idéologiques qui l’animent en est le cœur. L’interrogation des catégories de la description et de la narration, l’examen de la question de la qualification et de la nomination, pourront être croisés avec des questionnements génériques. On pourra ainsi envisager la rencontre entre des formes relevant du domaine de la fiction et le matériau historique, et plus largement pour étudier les stratégies et figures auxquelles des récits situés à plus d’un titre et s’inscrivant dans cette problématique ont recours jusqu’à présenter, parfois, de hauts degrés d’hybridité. La typologie textuelle étudiée ici est par conséquent très diversifiée, à plus forte raison quand cette recherche est menée dans la diachronie.